L'Assommoir - (1877)
Voici le septième volume de l'immense saga "Les Rougon-Macquart" d'Emile Zola, "L'assommoir" paru en 1877. Ce roman, un des plus célèbres de la série, est d'une noirceur terrible, dés lors qu'il explore la misère, l'alcoolisme dans les plus basses couches de la population. Zola disait de ce roman, qu'il avait "l'odeur du peu-
ple". On lui reprocha d'avoir écrit un livre touchant à la pornographie, dévalorisant le pauvre peuple. Zola
répondit qu'il ne faisait que décrire l'existant, montrant les ravages de l'acool et la descente aux enfers dû à la misère. "L'assommoir" assura tout de même, avec son énorme succès, la fortune de son auteur.
L'héroïne, ou l'anti-héroïne, c'est Gervaise Macquart arrivée de Plassans. Elle est arrivée à Paris avec
Auguste Lantier et ses deux enfants, Claude et Etienne. Claude sera le peintre de "L'oeuvre"(1886) et
Etienne, l'infortuné mineur de "Germinal"(1885). Elle se retrouvera vite abandonnée par son amant Auguste
qui ne supporte pas leur vie miséreuse où tout est chichement compté. Afin de sortir de sa condition, Gervaise deviendra blanchisseuse puis épousera Coupeau. Ouvrier pas très intéressant il poursuit Gervaise de ses assiduités, elle finira par lui céder plus par dépit et lassitude que réelle envie. De leur union naitre la petite Nana, héroine de "Nana"(1880).
Grâce à un voisin, Goujet, amoureux en secret de Gervaise, elle pourra acquérir une blanchisserie, lui assurant
par la même des revenus assez confortables permettant entre autres de faire vivre son mari, Coupeau, devenu incapable de travailler après une chute du haut d'un toit. Auguste Lantier revient et renoue avec son ancienne compagne. Coupeau accepte que Lantier vienne vivre sous leur toit. Ce dernier devient ou redevient l'amant de Gervaise. Coupeau, lui, sombre dans l'alcool, suivi bientôt par Gervaise, insupportée par cette vie ratée. De
verre en verre, Gervaise se fait plus faible, néglige ses affaires et sa blanchisserie finit par péricliter. Coupeau
meurt à Saint-Anne, après avoir subi de nombreuses crises de delirium tremens. Gervaise termine dans la rue,
seule et en proie à la misère la plus noire. Elle tentera même de se prostituer, mais on la repoussera, la trouvant trop laide. Elle décédera sous un porche, victime de la faim, oubliée de toutes et de tous.
Ce roman, excessivement noir (les descriptions des "crises" de delirium de Coupeau racontées par Gervaise
sont d'une horreur absolue) décrit la misère, qu'elle soit affective ou matérielle, les ravages de l'alcoolisme, tare principale de la branche Macquart. Aucun soupçon d'espoir dans ce livre, ne s'attardant que trop peu sur les courts moments de bonheur de Gervaise. "L"assommoir" est en fait le débit de boissons tenu par le père
Colombe. Lieu de toutes les débauches et de tout les vices, Zola insistera particulièrement sur l'alambic, trônant
au milieu du café, objet de culte des poivrots du quartier. Cette machine infernale est décrite comme un monstre, qui peu à peu, pompe le bonheur de Gervaise à petites doses. Roman culte du mouvement naturaliste, une
oeuvre forte incroyablement noire et sans appel.
Suite de la Saga avec Une Page D'Amour - (1878)